Le Collectif pour la Promotion de l'École Publique dans les Mauges se félicite de la décision prise par le Président des Pays de Loire. Non seulement il répond à notre demande de lycée public à Beaupréau au cœur des Mauges mais en plus il propose d'anticiper l'évolution démographique, économique et sociologique du secteur.
L'exigence du développement de service public d'enseignement ne cesse de grandir. Le projet présenté par M. Auxiette va créer une véritable dynamique pour l'école publique. Il répond aux transformations durables qui marquent les Mauges depuis plusieurs années.
A notre demande, le Collectif et les organisations qui le composent seront associés à la mise en place du projet. M. Auxiette s'est prononcé pour une ouverture dès septembre 2009. Nous ferons en sorte que les délais soient respectés.
Les membres du Collectif remercient tous ceux qui se sont battus pour voir aboutir cette revendication. Nous souhaitons associer à cette victoire les militants, dont Roland Chevalier, qui en 1985 ont posé la première pierre du lycée à Beaupréau...
L'implantation du lycée à Beaupréau n'est pas soumise à la décision du département concernant le collège. Néanmoins, nous demandons dès à présent à rencontrer M. Béchu, Président du Conseil Général. A la rentrée nous allons concentrer nos actions sur les élus du département pour qu'existe enfin dans les Mauges une véritable filière de service public d'éducation de la maternelle au lycée.
Après Gesté en 2005, Jallais en 2007, le lycée à Beaupréau en 2009, le Collectif pour la Promotion de l'École Publique dans les Mauges est disponible pour accompagner les parents qui demandent une école publique dans leur commune.
Le Collectif
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Le conseil régional va construire un lycée public à Beaupréau. Il souhaite associer le Département au projet et créer une cité scolaire.
Voilà plus de vingt-cinq ans qu’on en parle. Des manifestations ont eu lieu au début des années 1980 et 1990. De faux espoirs sont nés. Et puis, hier matin, à la mairie de Montrevault, devant une délégation du Collectif pour la promotion de l’École publique dans les Mauges, Jacques Auxiette, président du conseil régional, a dit « oui » à la construction d’un lycée public à Beaupréau. « On est très satisfait, a réagi Christophe Airaud, représentant du Syndicat national unitaire (Snu ipp). Votre décision va donner un appel d’air à l’école publique dans les Mauges ».
Pour Jacques Auxiette, il n’est pas question « de déclencher la guerre scolaire » mais de créer un établissement qui « serve à préparer l’avenir ». Il souhaite d’ailleurs que le Département s’associe au projet et crée sur le même site un collège public. « J’ai rencontré à plusieurs occasions Christophe Béchu, président du conseil général du Maine-et-Loire. Cette hypothèse n’est pas exclue. Elle suppose une réflexion sur la carte scolaire pour qu’il n’y ait pas de conséquences négatives sur les collèges voisins et notamment celui de Montrevault ». Si le département est d’accord, la Région est prête à assurer la maîtrise d’oeuvre de l’ensemble de la cité scolaire.
Cette création d’un lycée public dans les Mauges n’est possible que parce qu’il existe une forte demande mais aussi parce que le conseil municipal de Beaupréau a adopté à l’unanimité une délibération demandant l’implantation d’un lycée et d’un collège sur son territoire. C’est d’ailleurs la commune qui fournira le terrain nécessaire, d’une surface d’environ deux hectares.
Ouverture
en 2009 ?
La Région se donne six mois pour définir le profil du nouvel établissement. Elle prévoit des formations générales mais aussi des formations professionnelles qui répondent aux besoins de Mauges. « Nous devons être créatifs », a insisté Jacques Auxiette. Dans ce lycée, on ne parlera pas « d’internat » mais « d’accueil ou de résidence ». Les logements pourront être utilisés de manière polyvalente par les élèves en formation initiale mais aussi par les personnes en formation continue. La Région souhaite y accueillir aussi bien des scolaires que des apprentis. On pourra y dispenser les formations sanitaires et sociales qui sont maintenant sous la responsabilité de la Région. On le voit : le projet est vaste et dépasse même les espoirs des membres du collectif.
Dès la rentrée prochaine, une table ronde sera organisée pour connaître les souhaits des uns et des autres. Ce lycée sera intégré dans le Schéma régional d’éducation et de formation adopté par le conseil régional à la fin de l’année. Jacques Auxiette espère que le projet architectural sera élaboré pour la fin du premier trimestre 2007. Le coût de la construction avoisinera 25 millions €. Si tout va bien le nouvel établissement devrait ouvrir ses portes pour la rentrée de septembre 2009.
Michel CAILLARD (Ouest-France du 12/07/2006)
LES ARGUMENTS QUI LEGITIMENT LA
DEMANDE D’IMPLANTATION D’UN LYCÉE
PUBLIC DANS LES MAUGES RURALES, A BEAUPRÉAU.
Ø
Configuration géopolitique et économique des Mauges rurales:
Les Mauges rurales composées de 6 cantons
comptent plus de 100000 habitants. Si on excepte Chemillé, doté d’un lycée
implanté en bordure est des Mauges par le Conseil Régional de l’époque pour
empêcher toute construction à Beaupréau, la population des Mauges est privée
d’un service public essentiel, l’éducation.
Les
Mauges ont toujours eu un taux de natalité record, on remarque une poussée démographique
en progression constante. Les jeunes de moins de 25 ans représentent 34% de la
population alors qu’au plan national le pourcentage est de 31%.
La
région des Mauges est une région qui séduit, beaucoup de gens qui y ont
grandi restent y vivre, pendant que d’autres viennent s’y installer, attirés
par sa qualité de vie et ses tarifs de construction attractifs. Il n’est plus
possible, dans ces conditions, de continuer à priver sa population d’un
service public d’éducation, qu’il s’agisse de la population locale ou des
nouveaux arrivants.
Par
ailleurs, ces dix dernières années, malgré la perte de 5 000 emplois dans les
entreprises de chaussures, l’emploi a progressé de 8,5% dans la région des
Mauges, ce qui atteste de sa vitalité économique.
La
question qui se pose est donc : les Mauges rurales, région dynamique et
attractive, peut-elle continuer à agrandir ses communes sans proposer les
services minimums à sa population ?
Ø
Des raisons idéologiques en faveur d’un lycée public à Beaupréau :
Dans
un souci de respect et de défense des valeurs laïques républicaines, nous
considérons que les droits des habitants des Mauges, en terme de liberté de
choix scolaire et d’égalité, ne sont pas respectés. Nous considérons que
dans les Mauges, le monopole de l’école privée, loin de remplir une mission
de service public, comme on a pu l’entendre, prend en otage la population et
fait des défenseurs de la laïcité les captifs d’anciens choix politiques
qui n’ont plus de raison d’être. Les convictions personnelles des
élus locaux ne doivent pas occulter leurs obligations, leur préoccupation
devant être d’abord de faire respecter et appliquer les lois de la République.
On avance souvent la prise en compte de l’histoire de la région pour justifier la mainmise de l’école privée mais nous pensons que l’histoire ne doit pas servir de prétexte pour imposer une « pensée unique ». Les défenseurs de l’école publique connaissent et respectent tout autant que ceux de l’école privée l’héritage historique des Mauges mais ils sont convaincus que cet héritage n’est pas incompatible avec la liberté de choix scolaire.
De plus, il est clair que « l’esprit » des Mauges est en train de changer, les mentalités évoluent et partout, des parents se mobilisent pour faire ouvrir des classes, des écoles, un collège, un lycée publics, marquant l’émergence d’une demande croissante vers l’enseignement laïc.
Pour la liberté de choix, si souvent invoquée par les défenseurs de
l’enseignement privé dans le passé, et la reconnaissance des droits de tous,
nous pensons que les Mauges rurales doivent s’équiper d’un lycée public,
d’autant plus au moment où nous commémorons le centenaire de la loi de 1905
sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Ø Choix de l’implantation :
Beaupreau,
chef-lieu de canton, est la commune la plus peuplée et la plus attractive des
Mauges rurales, en terme de services, elle « centralise », et les
gens ont tendance à venir s’y installer plus facilement qu'ailleurs.
D’aucuns
avancent qu’il n’y a pas de demande de la population pour un lycée public.
Nous nous inscrivons en faux contre cet argument. C’est l’offre de service
public qui déterminera la demande. Le développement des écoles publiques dans
les communes des Mauges illustre notre propos.
L’année scolaire 2005- 2006 a été marquée par la réouverture de
l’école publique de Gesté. Cette réouverture s’inscrit dans une demande
croissante de la population pour l’enseignement public. Les effectifs des écoles
publics des Mauges ne cessent d’augmenter. L’augmentation de 8,5% cette année
du nombre d’élèves dans les écoles publiques de Cholet 3, circonscription
qui couvre le secteur des Mauges, alors que le nombre d’élèves des écoles
privées est en baisse, accrédite notre demande d’implantation d’un lycée
à Beaupréau.
Cette
évolution va se confirmer dès la rentrée prochaine avec l’ouverture de 10
nouvelles classes dans les écoles publiques des communes de Beaupréau, Gesté,
Champtoceaux, Drain, Monfaucon, St Christophe la Couperie, St Crépin sur Moine,
St Germain sur Moine, Tillières et St Macaire en Mauges. A Jallais, une
association s’est créée pour demander à la municipalité une école
publique à la rentrée 2006.
La
légitimité de notre demande s’appuie aussi sur l’évolution croissante de
ces chiffres.
Ø Des raisons pratiques et économiques :
Pour
une famille, le coût d’une scolarisation dans le public est actuellement élevé
à cause notamment des frais de transport. Ajoutons à cela les contraintes liées
aux horaires et au temps de transport ainsi que les difficultés des familles
dont les habitations ne sont pas desservies par le ramassage scolaire. Faire le
choix de scolariser un enfant dans un établissement secondaire public relève
souvent du parcours du combattant, voire même d’un choix impossible.
De
plus, scolariser un enfant dans un établissement public en dehors de sa
communauté de communes est pénalisant pour les familles, par rapport aux
services d’activités extra-scolaires et entraîne, à terme, un risque de désocialisation
pour le jeune. En effet, l’alternative est la suivante : soit il pratique
ces activités dans sa communauté de communes de résidence, auquel cas il est
séparé de ses camarades d’école, soit il les pratique dans la communauté
de communes de son établissement scolaire pour y retrouver ses pairs, auquel
cas sa famille est confrontée à des difficultés de transport et à un surcoût
« commune extérieure » . Est-ce le prix à payer pour bénéficier
d’un enseignement public ?
Il
est maintenant de la responsabilité des élus de prendre en compte ces
difficultés d’accès à l’enseignement public, l’augmentation constante
des effectifs des écoles publiques existantes, l’émergence de demandes
d’ouvertures dans les communes qui ne sont pas équipées et la volonté de
plus en plus affirmée des familles de scolariser leurs enfants en lycée public
sur place.
Le
déséquilibre manifeste, voire l’injustice, qui règnent dans les Mauges
entre les deux types d’accueil, privé et public, nous paraît inacceptable et
nous pensons qu’il doit prendre fin. Nous considérons que le choix d’implanter un lycée public
ne relève pas de considérations pratiques mais doit être déterminé par une
volonté politique. Nous attendons de l’actuelle majorité du Conseil Régional
un signe fort en faveur de l’enseignement public.
POUR la défense des valeurs républicaines :
liberté, égalité, laïcité,
POUR le respect des droits de tous
les citoyens, sans distinction religieuse ou sociale,
POUR la mixité sociale, pour la
justice et pour l’intégration,
POUR la gratuité de l’éducation,
CONTRE le monopole de l’école
privée,
CONTRE l’injustice qui prive la
population des Mauges d’un service public d’éducation,
NOUS
DEMANDONS L’IMPLANTATION D’UN LYCÉE PUBLIC DANS LES MAUGES RURALES, À
BEAUPREAU.
Le Collectif pour la Promotion de l’Ecole Publique dans les Mauges
(Conseils de parents d’élèves de Montrevault, Beaupréau, Gesté, Champtoceaux, Saint Macaire en Mauges, Saint Germain sur Moine, l’association des parents d’élèves de Jallais, DDEN, FCPE, SGEN CFDT, SNUIPP FSU)