Recherche enseignant pour école surchargée

La mobilisation pour l’ouverture de classes continue dans les Mauges. Exemple à Tillières,où la population a explosé et a rajeuni.

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Les parents, le collectif pour l’école publique dans les Mauges, restent mobilisés. Le 23 juin, ils sauront si l’inspection académique les a entendus.

Le vieux village est cerné par les pavillons neufs. Comme tant d’autres bourgs de l’ouest des Mauges, Tillières se peuple d’anciens Nantais qui fuient les prix prohibitifs de la métropole. « Quand je suis arrivée il y a quatre ans, il n’y avait pas un seul lotissement », remarque Magali. Aujourd’hui, 63 nouvelles maisons sont bâties. De 1 300 habitants, en 1999, la population a grimpé à 1 600 ou 1 700, estime-t-on à la mairie (1). D’anciennes maisons sont rénovées pour être louées.

Ici, comme ailleurs dans les Mauges, on se bat pour l’école publique. Après une manifestation à Beaupréau, dimanche, les parents d’élèves continuent la mobilisation pour ouvrir des classes. Hier, à Tillières, une « classe fictive » a été installée dans l’école. Première d’une série dans d’autres communes.

« Il y a 134 inscrits pour la rentrée prochaine, dont 110 ont plus de trois ans », estime Magali, secrétaire de l’amicale laïque et représentante des parents. Ici, on ne comprend pas. L’explosion démographique des Mauges est un phénomène constaté déjà depuis plusieurs années. « Tout cela se sait. » Pourquoi l’Éducation nationale n’a-t-elle pas anticipé ? « L’an dernier, il a fallu se battre pour obtenir une quatrième classe. Cette année, pour une cinquième. L’an prochain, il faudra recommencer. »

A Tillières, pourtant, la mairie investit. Les enfants du primaire rentreront l’an prochain dans une école neuve. La partie pour les maternelles sera finie à Pâques. Il faut aussi penser à l’accueil périscolaire, au restaurant scolaire, tous deux devenus trop petits.

Voilà trois ans que Nathalie a quitté Nantes pour Tillières. « Dans le lotissement, il n’y a que de jeunes couples. Et beaucoup de femmes sont enceintes. » Ici comme ailleurs, l’école publique est donc promise à un bel avenir.

Dans la cour de l’école Vivaldi, les enfants déjà scolarisés participent à diverses animations préparées par les enseignants, et sous l’oeil des parents. Nathalie regrette : « Ma fille aura trois ans en janvier. Elle ne pourra pas aller à l’école en septembre. Pas même pour s’adapter. » Magali rebondit : « Le Choletais met en avant l’enfant. Mais, sur le terrain, il n’est pas pris en compte. »

M. D. (Ouest-France)

(1) Un recensement complémentaire chiffrera la population exacte cette année.

Article La Terre 20 août 2006

Bataille pour l’école publique
 
Dans les Mauges, une commune sur deux ne dispose pas d’école publique. Dans le secondaire, l’enseignement catholique est tout aussi prégnant. Des batailles ont été engagées pour reconquérir ces espaces publics. Dernière victoire en date : Jallais, la plus grande commune de France sans école publique.
Photo : Alexandra Chaignon
De gauche à droite : Christophe Airaud, Marie Boureau, Jean-Philippe Parmantier, membres du collectif pour la défense de l’école publique dans les Mauges.

« On est parti en vacances avec le sourire. » Après des mois de lutte, les défenseurs de la laïcité de Jallais, dans le Maine-et-Loire, ont obtenu gain de cause : l’ouverture pour la rentrée 2007 d’une école publique. Une victoire emblématique pour cette commune de 3 500 habitants qui est la plus grande ville de France à ne pas avoir d’école publique. Mais dans les Mauges (territoire s’étirant de Cholet à la Loire), Jallais est loin d’être un cas isolé. Dans cette région rurale, catholique et ouvrière, bassin historique de la Guerre de Vendée, l’école privée est en situation de quasi-monopole. Ici, on compte encore 40 communes sur 80 dépourvues d’écoles publiques. Dans le secondaire, l’enseignement catholique est tout aussi prégnant. Le canton le plus important, celui de Beaupreau (25 684 habitants), abrite trois collèges et un lycée privés, mais pas un seul public. Hormis un petit établissement à Chemillé, la région n’a pas de lycée public, contraignant les élèves à se rendre à Ancenis, Cholet, Angers, voire Nantes.

Traditionnellement anti-républicaines, les Mauges demeurent, aujourd’hui encore, très conservatrices. L’Eglise tient en respect une population traditionnellement croyante et perpétue cet état d’esprit au sein même des écoles. Mais cette tradition, et la carte scolaire qui en découle, est aujourd’hui remise en cause, notamment par l’arrivée de nouveaux arrivants, qui fuient les prix prohibitifs des grandes agglomérations et qui sont habitués au libre choix scolaire. Les demandes d’inscription dans des établissements publics se multiplient mais les autorités locales freinent le plus possible les ouvertures de classe. C’est dans ce contexte qu’est né il y a deux ans le Collectif pour la défense de l’école publique dans les Mauges après une mobilisation pour l’ouverture d’une classe primaire à Montrevault. « Il y a eu une convergence de volontés : des gens venus de l’extérieur mais aussi des familles d’ici qui n’osaient pas aborder le sujet et n’y croyaient plus, explique Christophe Airaud, responsable départemental du SNUipp-FSU et membre du collectif. L’objectif est simple : « Soutenir, partout, les personnes qui se battent pour l’école. » Une bataille de longue haleine, l’association se heurtant à l’incompréhension des élus locaux et d’une grande partie de la population. « Ici, le public, c’est le privé. Du moment que le service est rendu, qu’il y a déjà une école, les gens ne voient pas l’utilité d’implanter une école publique. Les opposants évoquent ‘l’identité des Mauges’ ou encore ‘l’héritage historique’ pour justifier la mainmise de l’école privée ; nous pensons que l’histoire ne doit pas servir de prétexte pour imposer une pensée unique. Nous ne sommes pas contre l’école privée. Nous pensons seulement que l’école publique doit être prioritaire », résume Marie Boureau, membre du Collectif.

Malgré les pressions (lettres anonymes, chantage à l’emploi) - certains parents n’osent pas afficher leurs préférences éducatives de peur d’être stigmatisés - les « laïcs » commencent à gagner des batailles. L’an dernier, après un conflit de plusieurs mois, la municipalité de Gesté (2 500 habitants) a consenti à rouvrir l’école publique réclamée par les parents d’élèves. Puis en 2006, c’est l’implantation d’une école publique à Jallais qui a mobilisé toutes les forces. « Une bataille au forceps », résume Janig Mérien, membre du Collectif mais aussi de l’Association laïque des parents d’élèves de Jallais, créée fin 2005. Des tracts, des réunions, l’établissement d’une liste d’inscription (34 enfants inscrits) mais aussi plusieurs manifestations ainsi que l’occupation de la mairie, sans compter les interventions du sous-préfet et de l’inspecteur d’académie, ont eu raison, après plusieurs mois de lutte acharnée, de l’opposition du conseil municipal. « On a eu beaucoup de mal à faire comprendre nos arguments, quand on parvenait à discuter », précise Marie Boureau. Finalement, une école de trois classes devrait voir le jour pour la rentrée 2007. Malgré les promesses de la municipalité, l’association laïque de Jallais et le Collectif entendent rester « vigilants ». « Le Conseil assure avoir pris un engagement formel en délibéré. Pour nous, ce n’est pas aussi clair. L’école devrait ouvrir, mais on ne sait pas dans quelles conditions. Les élus opposés peuvent essayer de torpiller le projet pour démontrer qu’il ne tient pas la route. A nous de surveiller cela de près », souligne Marie Boureau. Ces exemples tendent à prouver que les responsables politiques commencent à prendre en compte les enjeux. Ainsi le Conseil régional a entériné en juillet la décision de créer un lycée public. L’implantation d’un collège sur le même canton reste suspendu à la décision du Conseil général. Une rencontre avec le président du Conseil général est prévue en septembre pour évaluer la faisabilité d’un collège d’un point de vue démographique, « sachant que la région se porte déjà maître d’œuvre », signale Janig Mérien.

Pour Christophe Airaud, il devrait être difficile de contrer le projet. « Les chiffres montrent que la demande pour un enseignement public dans la région est en constante amélioration. A la rentrée 2005, les effectifs ont progressé de 8,5 % dans l’enseignement public, et régressé légèrement (- 0,5 %) dans le privé ». « Les élus sentent le vent tourner », surenchérit Jean-Philippe Parmantier, citant d’une part le changement de majorité de la région aux dernières élections et d’autre part, l’exemple de la municipalité de Beaupreau : « d’abord opposés à l’implantation d’un lycée et d’un collège publics, les élus sont maintenant favorables. Ils ont compris tout l’intérêt que la commune pourrait en retirer. » Les mentalités évoluent donc peu à peu. « Depuis deux ans, on a réussi à porter le débat sur la place publique, et plus important, à faire admettre que nos demandes étaient légitimes », se félicite Christophe Airaud, conscient toutefois que la lutte est loin d’être achevée. Il reste encore au moins 40 écoles à ouvrir dans les Mauges.


par Alexandra Chaignon 

 

 

Article Rouge 9  juin  2006

Pour l’école publique

Les Mauges sont une partie du Maine-et-Loire où le souvenir des guerres de Vendée reste très présent et l’influence de la droite cléricale très forte. Dans les Mauges rurales (plus de 100 000 habitants), l’école catholique est en situation de quasi-monopole. Jallais (3 500 habitants) est la plus grande commune de France sans école publique. Beaupréau, chef-lieu de canton de 26 000 habitants, n’a pas de collège public et il n’y a pas non plus de lycée général public. Pourtant, les Mauges évoluent, avec l’installation de familles laïques chassées des grandes villes par le prix des loyers et qui souhaitent envoyer leurs enfants à l’école publique. Les demandes d’inscription se multiplient, mais les autorités locales freinent le plus possible les ouvertures de classes.

Le Collectif pour la promotion de l’école publique dans les Mauges regroupant parents d’élèves, FCPE, FSU et Sgen-CFDT, et soutenu par la LCR, LO et le PCF, organise donc une manifestation à Beaupréau, le samedi 10 juin (rendez-vous à 14 h 30 à la Loge), dans le cadre de la mobilisation nationale pour les services publics. Les municipalités concernées, le conseil général de Maine-et-Loire, en charge des collèges et le conseil régional des Pays-de-la-Loire (dont la majorité PS-Verts-PCF finance l’université catholique d’Angers !), en charge des lycées, doivent enfin permettre aux familles laïques d’envoyer leurs enfants dans des écoles non confessionnelles proches de leur domicile.

 

Article Ouest-France 26 mai 2006

 
Enseignement public : la gauche se mobilise
 

 

 

 

 

 

 

 

Les partis politiques soutiennent la manifestation du samedi 10 juin.Objectif : faire pression pour la création d'un lycée et collège publics.

 

Dans les Mauges, l'enseignement public enregistre une forte poussée. Cette année, les effectifs scolaires ont ainsi réalisé un bond de 8,5 %. Samedi 10 juin, à Beaupréau, il risque d'y avoir du monde à porter cette croissance dans la rue. Le Collectif pour la promotion de l'école publique vient de recevoir le soutien de partis politiques, essentiellement classés à gauche. Verts, socialistes et communistes répondront favorablement à l'appel à manifester, qu'ils relaieront. Avec un objectif : faire monter la pression pour obtenir la création d'un collège et d'un lycée publics. « Et ce au nom de la continuité du service public. »

 

« Il faut rétablir l'équilibre, souligne Jean-Philippe Parmentier, des Verts. Aujourd'hui, on compte un lycée public d'enseignement professionnel contre cinq lycées privés. » Car sur le terrain, la donne a changé. Sous l'influence d'une nouvelle population, séduite par un marché immobilier attractif et avide de s'éloigner des contraintes urbaines. Résultat, après Gesté en 2005, la prochaine rentrée scolaire pourrait voir la création d'une nouvelle école, à Jallais, seule commune de France de plus de 3 000 habitants sans école publique. Trente-quatre élèves ont déjà été recensés.

À cela, il faut ajouter les dix demandes d'ouverture de classes formulées dans les Mauges. « Cela correspond à l'ensemble des dotations supplémentaires affectées pour tout le département », compare Hubert Dupont, du Parti communiste. « Et les écoliers d'aujourd'hui seront les collégiens de demain », souligne le socialiste Éric Gachet. Pour conforter cette poussée, les partis politiques souhaitent la mise en place des structures correspondantes. « Dans des conditions égales à celles dont bénéficie l'enseignement privé. » Ils le diront dans la rue le 10 juin. En espérant que le voeu trouve un écho dans les couloirs du conseil régional et du conseil général. Car le premier privilégie la création d'une cité scolaire, à savoir le regroupement d'un lycée et d'un collège sur un même site. Ce dernier relevant de la compétence du Département. « Avec du monde dans la rue, on ne pourra plus dire que la demande n'existe pas. »

 

·Lutte ouvrière apporte également « son soutien » à l'initiative du Collectif pour la promotion de l'école publique dans les Mauges. Elle dénonce « des choix politiques qui visent à ne pas concurrencer l'enseignement privé qui a, dans de larges zones, une situation de monopole ».

 

Article Lutte ouvrière 12 mai 2006

Maine-et-Loire : un collectif pour la promotion de l’école publique

En 2004 un collectif pour la promotion de l’école publique dans les Mauges -région proche de Cholet- s’est créé à l’issue de luttes pour la création d’un demi-poste supplémentaire à l’école publique de Montevrault et de l’ouverture d’une école publique à Gesté. Regroupant des conseils de parents d’élèves, des syndicats enseignants (SNUipp-FSU; SGEN-CFDT), des délégués départementaux de l’Éducation nationale, ce collectif se bat pour la création d’une véritable filière d’enseignement public, de l’école primaire au lycée.

Dans cette région des Mauges, qui englobe en gros le quart sud-ouest du Maine-et-Loire, un clergé très réactionnaire -la région était encore appelée la «Vendée angevine» au 20esiècle- a été très longtemps influent. Il contrôlait les écoles, les patronages et d’autres sociétés qui encadraient toutes les classes d’âge de la population.

Au début de la IIIeRépublique, quand l’école laïque fut instaurée, les catholiques créèrent très rapidement leurs écoles grâce au soutien financier des châtelains. L’école publique eut énormément de mal à se développer, si bien qu’aujourd’hui encore, dans l’arrondissement de Cholet auquel les Mauges appartiennent, 41communes sur 83 n’ont pas d’école publique alors que seule une commune n’a pas d’école privée car le curé du lieu n’en voulait pas. Il y a quatre collèges publics pour quinze privés et aucun lycée public (sauf un petit lycée professionnel à Chemillé) pour quatre lycées privés. La ville de Cholet n’est pas prise en compte dans ce calcul.

À la fin des années1990, la flambée des prix de l’immobilier dans les agglomérations nantaise et angevine, a conduit une partie de ces populations à chercher un logement dans les Mauges... et des écoles publiques pour leurs enfants. Face à l’augmentation des enfants à scolariser, il devait y avoir à la rentrée 2006 dix ouvertures de classes pour la partie ouest des Mauges, soit la totalité des postes accordés pour l’ensemble du Maine-et-Loire. Dans deux communes, des parents ont demandé l’ouverture d’une école publique mais l’opposition des élus locaux à ces créations est forte, car cela concurrencerait l’enseignement privé et certains agitent même le spectre du chômage pour les enseignants de ces établissements.

Le collectif pour la promotion de l’école publique dans les Mauges appuie les demandes d’ouverture d’écoles publiques et demande la création d’un lycée dans les Mauges et d’un collège à Beaupréau.

Le samedi 10 juin, ce collectif appelle à manifester à Beaupréau pour demander la création d’un véritable service public d’éducation dans les Mauges. Lutte Ouvrière soutient cette initiative.

Correspondant local